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Les rapports de force au sein des bandes : comment le leader parvient-il à s’imposer ?

Les rapports de force au sein des bandes : comment le leader parvient-il à s’imposer ?

Lieu de socialisation alternatif, la bande est avant tout un espace de compétition où les jeunes entretiennent des rapports de domination, les plus grands bénéfices et la reconnaissance des pairs échouant dans les mains de ceux qui occupent "la meilleure position". Le rôle du leader du groupe est à la fois spécifique et somme toute logique, compte tenu des attentes et besoins de la bande en question (besoin d’affiliation à un groupe). Il sera surtout question ici de la bande de jeunes à risque, à la limite de la déviance, voire de la délinquance.


Le leadership se définit comme "un processus d’influence sociale dans lequel une personne est en mesure de solliciter et d’obtenir la participation de membres d’un groupe à la réalisation d’une tâche commune" (Peter Northouse, Leadership – Theory and Practice, Sage). Le statut du leader est donc particulier, en fait il s’agit plus d’une reconnaissance que d’un statut en ce sens qu’il n’est pas imposé par une hiérarchie.

Tenir le rôle de leader signifie avoir une autorité sur le groupe et des responsabilités.


Les caractéristiques qui permettent au leader de s’imposer

Les rapports de pouvoir impliquent l’existence d’une hiérarchie à la tête de laquelle on trouve un ou deux leaders autour duquel (desquels) gravite le reste de la bande.

Les relations intra-personnelles au sein du groupe créent un consensus visant à reconnaître les qualités valorisées, recherchées ou attendues chez un leader. Celles-ci varient d’un groupe à l’autre et d’une situation à l’autre (on parle alors de leadership situationnel).

Quelques qualités spécifiques se retrouvent chez celui qui s’impose comme leader et souhaite conserver son statut et son rôle. Il est celui qui :

· aime diriger et commander,

· crée facilement des liens d’amitié avec et entre les membres du groupe, il tend à favoriser la création de relations interpersonnelles chaleureuses. Il s’assure ainsi d’un meilleur fonctionnement interne, tout en étant tolérant et sensible aux conflits qui émergent dans le groupe (sensibilité interpersonnelle),

· est capable d’influencer les choix, les décisions et les comportements des membres en raison des pouvoirs (parfois quasi mystiques, à tout le moins démesurés) qu’il affirme posséder et qui sont reconnus par les membres,

· tend à être créatif dans sa méthode de gestion du groupe ou des relations entre les membres (capacité d’initiative), il influence, contrôle et favorise les actions,

· centre l’attention des membres sur les objectifs, les stimule en identifiant un ennemi commun au groupe. Ainsi, ils peuvent développer un sentiment d’appartenance à leur organisation et s’unir pour vaincre le groupe adverse,

· peut modifier les exigences du groupe et les rendre compatibles avec sa personnalité et ses propres habiletés ; il favorise l’acceptation rapide de ses idées par les autres,

· affiche des compétences particulières, il est capable d’exécuter les tâches qu’il exige des autres,

· maintient un niveau d’efficacité suffisant, sinon il risque d’être destitué de son poste,

· décide au nom du groupe et sanctionne les membres qui s’écartent des normes établies en son sein ou qui ne participent pas aux activités collectives.



Comment revendiquer sa place au sein d’une bande ?

Les rapports interpersonnels au sein de la bande sont toujours régis par des logiques de concurrence et de compétition qui entraînent plusieurs conséquences :

• conserver sa place dans la bande implique un investissement massif.

• accepter cette compétition, c’est refuser de montrer ses faiblesses, chercher la confrontation ;

• refuser la compétition amène à se marginaliser du groupe ou accepter d’y être soumis ;

• tout cela génère un climat perpétuel de tensions et de conflits.


Afin de favoriser la cohésion du groupe et d’éviter l’autodestruction, les bandes appliquent aussi des logiques de modération interne, notamment en cherchant à «externaliser» les conflits, avec les bandes rivales, la police, l’environnement local. Cela dit, certains groupes laissent parfois beaucoup de latitude à la personne qui occupe la position de leader. Ce dernier peut modifier les exigences du groupe et colorer ce rôle en fonction de sa personnalité et de ses propres habiletés.



Le pouvoir du leader découle donc de plusieurs facteurs :

• son charisme, sa témérité, sa capacité à réguler la bande ;
• les rapports qu’il entretient avec la police et la justice ;
• son intelligence, sa capacité à dissimuler, son audace et son inventivité ;
• les signes extérieurs de la réussite, de l’argent, une voiture, etc.


C’est d’ailleurs en fonction de l’importance acquise par les meneurs au sein des bandes que découlent les politiques de «ciblage» de ces fortes personnalités par les forces de l’ordre qui cherchent à mettre un terme aux activités des bandes. Interpeller un leader entraînera soit la fin de la bande, qui s’égayera dans la nature en l’absence du meneur, soit l’apparition d’un nouveau leader après une forte compétition pour le pouvoir laissé vacant.


Frédéric Moser et Jean-Paul Wuyts.


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