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Stéroïdes anabolisants : pas qu’un problème du sport !

La réglementation antidopage interdit en principe l’usage des stéroïdes anabolisants (SA) dans le sport. En plus de favoriser l’augmentation de la masse musculaire et la réduction de la masse graisseuse, la consommation de SA a aussi des propriétés analgésiques, ce qui permet d’améliorer l’endurance et la résistance aux charges d’entraînement. Les SA ont par ailleurs des effets androgéniques, comme une hausse de la libido ou de l’agressivité.



Un enjeu de santé publique


L’utilisation des SA dépasse assez largement le seul cadre du sport, et donc a fortiori celui du sport de haut niveau, pour toucher un public qui, à l’exception d’être majoritairement masculin, a peut-être pour caractéristique… de ne pas vraiment en avoir. En effet, les études scientifiques indiquent qu’on retrouve des consommateurs de SA dans toutes les couches sociales et au sein de tranches d’âge variées (adolescents, personnes en âge de travailler). En 2014, une méta-analyse de 187 études consacrées à la question indiquait ainsi que 3,3% de la population avait déjà essayé les SA au moins une fois (lifetime prevalence).

Or, il est désormais établi qu’une exposition prolongée aux SA n’est pas sans risques : atrophie testiculaire, lésions de la prostate, impuissance ou infertilité, pilosité excessive, déchirure musculaire, troubles du comportement, risques de cancer. Plusieurs études montrent même que les usagers de SA commettraient significativement plus d’agressions violentes que la moyenne de la population.



Stéroïdes anabolisants, Internet et Darknet


Pour des raisons, notamment, de santé publique, la lutte contre la criminalité liée aux hormones figure parmi les priorités identifiées dans le Plan National de Sécurité 2016-2019. Il faut dire que la disponibilité des SA est en croissance exponentielle. Le commerce illégal des pharmacies en ligne vient en effet de plus en plus concurrencer (ou devrait-on dire compléter ?) la distribution physique de SA au marché noir. Alors que des études réalisées aux Pays-Bas au début des années 2000 montraient que plus de 60% des SA distribués dans les salles de sport proviennent du marché illégal, Internet mais également les darknet markets apparaissent aujourd’hui comme des sources d’approvisionnement majeures en SA.


Si l’action contre les trafics opérés depuis le darknet est plus compliquée, les autorités ne restent pas sans réaction par rapport au commerce illégal sur Internet. Les opérations internationales PANGEA, coordonnées par Interpol pour combattre la vente en ligne de médicaments illicites ou contrefaits, permettent en effet de saisir annuellement des millions de produits à travers le monde, de procéder à des dizaines d’arrestations, mais aussi de bloquer ou fermer des centaines de sites.

En Belgique, à la demande de la Police fédérale, le Parquet fédéral a ainsi fait bloquer, en 2014 et 2015, respectivement huit et neuf sites (avec une extension .be) vendant illicitement des SA.



Les défis à venir


Pour se développer, les réseaux criminels profitent cependant encore trop souvent des différences parfois considérables de législation d’un pays à l’autre. Quid, notamment, des sites établis dans des pays sans régulation spécifique ? Les sanctions encourues par les trafiquants d’hormones sont par ailleurs souvent inférieures à celles auxquelles s’exposent les trafiquants de drogue. Le trafic de produits dopants offre ainsi des perspectives de bénéfices majeurs couplés à des risques plus modestes.


Enfin, bien en amont de l’activité répressive, reste la question de l’éducation et de la prévention, principalement des plus jeunes. En matière de dopage, la compétence de prévention est essentiellement du ressort des communautés. Mais on le sait désormais, la problématique dépasse clairement les frontières du sport. La prévention doit dès lors (encore davantage) emboîter le pas de l’action policière, douanière et judiciaire.
 



Bertrand Fincoeur
Docteur en criminologie,
Chercheur à l’Institut des Sciences du Sport de l’Université de Lausanne



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Source: https://theconversation.com/fr/topics/anabolic-steroids-3777

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